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Thiers (Puy-de-Dôme)

Vue générale de la ville depuis l’ouest Vue générale de la ville depuis l’ouest © Roger Choplain, Roland Maston, Région Auvergne - Inventaire général du Patrimoine culturel, ADAGP

Titre : Thiers (Puy-de-Dôme)
Cadre de l’enquête : Enquêtes topographique et topo-thématiques
Aire d’étude : Commune de Thiers
Nature des données : Urbanisme, architecture, architecture industrielle, objets mobiliers, machines
Date de fin : En cours


Thiers, sous-préfecture du département du Puy-de-Dôme, est située à une quarantaine de kilomètres à l’est de Clermont-Ferrand. Elle se trouve à la jonction entre la plaine de la Limagne et les contreforts du massif du Forez. Les altitudes oscillent entre 300 et 750 mètres environ. La construction de la ville à flanc de colline en fait une cité étagée, avec de forts dénivelés entre ville basse et ville haute. Cette dernière domine d’une part la plaine de la Limagne à l’ouest et, d’autre part, à l’est, la vallée de la Durolle, sur les rives de laquelle a été installée une grande partie de l’industrie thiernoise, la coutellerie en particulier. La commune compte un peu plus de 12 000 habitants actuellement. Elle comprend de nombreux petits écarts (plus de 150) et, parmi ceux-ci, quelques domaines agricoles anciens, dont certains ont été les berceaux d’importantes communautés paysannes. Ces écarts se sont implantés tant dans la plaine (partie occidentale de la commune, bordée en limite communale par la rivière de Dore) que dans la « Montagne thiernoise » (moitié orientale de la commune, profondément coupée transversalement par la vallée de la Durolle). La ville de Thiers et le « pays » thiernois sont a priori bien identifiés au sein du département comme un centre industriel au caractère fort, la « capitale de la coutellerie ». Par ailleurs, la ville haute, fortifiée à plusieurs reprises, présente en son centre un ensemble de maisons à pans-de-bois de la fin du XVe et du début du XVIe siècle (entre 1450 et 1550), et des extensions importantes datant du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Le patrimoine le plus ancien du centre-ville, qui a forgé l’image de « Thiers, cité médiévale », présente en de nombreux secteurs un état de vétusté certain, qui place la commune devant des choix patrimoniaux difficiles depuis plusieurs années.

Ces caractères divers ont justifié la mise en place d’un inventaire qui a été réalisé en plusieurs étapes. Une première approche de la ville et de ses environs a été faite selon l’angle de l’industrie, très imbriquée dans tout le tissu urbain : l’ouvrage Thiers, une exception industrielle, publié dans la collection des Images du Patrimoine, est le fruit de cette étude, terminée en 2005. Elle fait le point sur l’histoire industrielle de la commune et la marque de cette industrie dans le paysage bâti, ainsi que sur l’évolution des techniques, des machines et des outils de chaque catégorie d’ouvrier, reconversions qui expliquent en partie la longévité de l’industrie thiernoise. (Le sujet a par ailleurs été étendu en 2007 aux ateliers de coutellerie des communes limitrophes : voir l’étude « Montagne thiernoise » dans l’onglet « Les inventaires »).

À partir de 2006, un recensement plus général de l’habitat du centre ancien, dans le périmètre du secteur sauvegardé, a été effectué sous forme de cartographie à la parcelle, à partir de l’observation des élévations depuis l’extérieur et, en particulier, de celle des constructions en pans de bois.

Parallèlement, un recensement des objets mobiliers de la commune a été mené à bien, mobilier religieux des églises et chapelles, objets de l’ancien hôpital ou encore sculptures monumentales de plein air.

Mais dans le même temps, la révision officielle du PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur) a débuté, menée par l’équipe de Bernard Wagon, travail ayant donné lieu à un recensement poussé (visites intérieures comprises) de chacun des édifices.

Ce recensement et celui de l’Inventaire touchant à peu près aux mêmes questionnements, l’étude engagée par le service de l’Inventaire a été réorientée sur une thématique encore peu traitée, en lien avec la topographie des lieux.

C’est ainsi que le thème de la pente comme élément fondateur de la ville et enjeu plus ou moins conscient de chaque campagne de travaux, a servi de filtre d’analyse pour comprendre l’aménagement de la ville et de ses environs, depuis les origines jusqu’au 21e siècle. La publication Thiers, suivre la pente, parue en 2012 dans la collection des Cahiers du patrimoine, fait le point sur cette approche.